Espaces Urbains

Premier pays au monde par son nombre d’habitants, premier pollueur (57e rapporté au nombre d’habitants), 3e plus grand pays, unique nation ayant construit une muraille sur une durée de plus de 2000 ans (8800 km de long), la Chine est le pays de la démesure.

C’est aussi le pays à l’essor économique le plus rapide de l’histoire de l’humanité et le rythme de sa modernisation se joue des relations traditionnelles de l’homme à son environnement. Des ruelles labyrinthiques qui composaient le cœur des cités, le paysage urbain se modifie profondément en s’articulant désormais le long d’avenues à 6, 8, parfois 10 voies. Ici, les espaces semblent s’étirer à l’infini. Fabricants de vides et de pleins, ils allongent les perspectives, éloignent les horizons et se développent dans les verticales. Les villes sont surpeuplées ? Oui… Mais non… Les millions d’habitants semblent disparaître dans ces espaces ponctués de béton, d’acier et de verre. Même à l’intérieur des bâtiments modernes l’humain n’occupe plus qu’une infime portion, comme aspiré par l’espace dénudé.

D’un modèle fonctionnaliste hérité de l’époque Mao, la Chine ambitionne maintenant d’associer cette urbanisation post-moderne au modèle intégrationniste. Au cœur de ce projet, le « hexie sheshui » (société harmonieuse) et le « zhongguo meng » (rêve chinois). La société chinoise qui n’est encore urbanisée qu’à 50% se fait laboratoire d’une ville du futur où les espaces infinis et rationnels semblent absorber irrémédiablement ceux des quartiers traditionnels.

« Je ne sais séparer ni dans mon cœur ni dans ma tête, la photographie de l’ensemble des activités d’un homme, de l’ensemble des actions d’une société, avec leurs vertus et leurs défaillances. » — Lucien Hervé.